Syndrome confusionnel chez le chien

 

Auteur : Dr Valérie Dramard
Date : 2008-01-08

Niveau star2

Le syndrome confusionnel atteint le chien âgé. On estime qu'un chien de race géante vieillit plus vite qu'un chien de race naine, toutefois, l'âge à partir duquel on estime qu'un chien est âgé est 8 ans.

 

Étude clinique

Le syndrome confusionnel du chien (ou SDC) est caractérisé par quatre types de symptômes :

  • une désorientation spatio-temporelle (le chien se perd dans le jardin ou dans la maison),
  • une perte des apprentissages élémentaires qui induit souvent de la malpropreté,
  • une altération des cycles veille-sommeil (le chien dort le jour, il est en revanche actif et près à jouer la nuit),
  • une altération des interactions sociales (il se fait plus la fête aux personnes connues, il est en conflit avec le chien avec qui il vit). Ces modifications sont globalement dues au vieillissement cérébral. Les propriétaires interprètent d'ailleurs souvent bien cela puisque spontanément ils mettent ces changements sur le compte du vieillissement: «il perd la tête, il devient sourd...»

Les propriétaires rapportent des comportements inhabituels apparaissant progressivement avec des périodes d'amélioration. Toutefois, des changements dans la vie et l'environnement du chien semblent souvent être des déclencheurs. Le chien semble perdu dans des lieux connus, devient malpropre de façon inconstante, dort beaucoup plus la journée et peu la nuit, joue moins, mange n'importe quoi, présente des comportements stéréotypés. Seul à la maison, il hurle, gémit alors qu'il supportait très bien la solitude. Dans la rue, il panique et change brusquement de direction par exemple pour suivre un inconnu et n'obéit plus aux ordres notamment au rappel, il semble sourd. Il peut aussi devenir anxieux lorsque le trajet habituel de la promenade est changé, il a du mal à s'adapter aux modifications quelles qu'elles soient.

 

Ces symptômes évoluent progressivement avec des périodes de rémission plus ou moins importantes, mais ils deviennent de plus en plus insupportables à tel point que quand les propriétaires consultent leur vétérinaire c'est pour le faire euthanasier. Le pronostic est certes réservé (aucune guérison n'est véritablement possible), mais les traitements permettent souvent et rapidement une rémission de plusieurs mois.

Étiologie-pathogénie

L'origine du SDC est étroitement liée au vieillissement cérébral. Toutefois, au niveau des cellules cérébrales, on observe des lésions intracellulaires similaires à celles observées chez l'homme dans la maladie d'Alzheimer. En effet, des plaques amyloïdes sont retrouvées dans les neurones de chien ayant souffert d'un SDC.

Le processus de vieillissement au niveau de la cellule nerveuse induit des modifications qui vont toutes concourir à une altération de son fonctionnement et à sa mort. On note :

  • - une perte de la fluidité membranaire,
  • - une perte de la sensibilité des récepteurs, en particluier aux neurotransmetteurs et aux hormones,
  • - un raccourcissement des dendrites,
  • - une diminution du nombre des synapses,
  • - une diminution de la neurotransmission dopaminergique (cognition),
  • - une mort neuronale due aux dépôts de plaques amyloïdes et aux lésions oxydatives provoquant la libération de radicaux libres neurotoxiques.

Diagnostic

Après avoir éliminé toute cause organique (tumeur cérébrale, hypothyroïdie non traitée, syndrome de cushing, altération des organes sensoriels, par exemple), on établit le diagnostic à partir des symptômes rapportés par les propriétaires (désorientation, perte des apprentissages avec malpropreté, altération du cycle veille-sommeil et altération des habiletés sociales.

Traitement

Le traitement chimique doit permettre une amélioration du comportement dans les 2 semaines. Il doit être poursuivi pendant plusieurs mois, si ce n'est pendant toute la vie du chien.

La S-adényl-méthionine ou SAMe (Novifit®) est un complément alimentaire dont les propriétés stimulantes tant au niveau cérébrale qu'au niveau du foie est particulièrement indiquée en première intention. La SAMe peut être associé à d'autres traitement.

La sélégiline (Selgian®) est un psychotrope particulièrement intéressant dans cette indication. En effet, son action dopaminergique permet d'améliorer les capacités d'apprentissage et a un certain effet stimulant..

La propentofyline (Karsivan®) en plus de son effet vasodilatateur a une action sur les radicaux libres qui justifie aussi son emploi. La vincamine (Candilat®) et la nicergoline (Fitergol®). qui induisent une meilleure oxygénation cérébrale par une vasodilatation cérébrale peuvent aussi être utilisés.

Les antidépresseurs sérotoninergiques comme la clomipramine (Clomicalm®) ou un ISRS (fluvoxamine, Floxyfral®H ou fluoxétine, Prozac®H) sont particulièrement indiquer quand en plus des signes de confusion, le prescripteur constate des signes importants d'anxiétés ou de dépression. Par exemple, quand le chien montre un hyperattachement secondaire et qu'il provoque des nuisances quand il reste seul.

La thérapie comportementale reste limitée à des consignes générales qui consistent surtout à motiver les propriétaires à ne pas réprimander le chien quand il fait des bêtises, ce qui augmente le stress dont participe à la dégradation de son comportement, mais à le récompenser et à le stimuler.

 

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