Hiérarchie chez le chien

 

Auteur : Dr Valérie Dramard
Date : 2008-01-09

 

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Le chien vit en meute

Pour bien comprendre comment un chien perçoit son environnement, il convient d’avoir en tête que le chien vit naturellement en groupe, en meute, et que pour se faire, il a besoin de communiquer avec ses congénères. L’organisation sociale qui régit le groupe suit une logique de hiérarchie comme chez le loup, avec un couple alpha (les dominants), un couple béta (les sous-dominants) et les individus oméga (les plus dominés).

S’inscrivent dans la hiérarchie les individus pubères (les adultes). Les chiots sont progressivement éduqués par les individus du groupe, mais la tolérance est grande s’ils ne respectent pas les prérogatives des dominants.

Il semble que dans la nature, les groupes de chiens vivant à l’état sauvage n’excèdent pas une dizaine d’individus (comme chez les loups).

Cette organisation hiérarchique permet aux membres du groupe de vivre ensemble avec le moins de conflits possible. En effet, un conflit peut être à l’origine de blessures qui peuvent mettre en danger la santé des animaux. Les dominants encore appelés leaders garantissent la paix dans le groupe (donc la préservation de chacun) en faisant respecter les règles hiérarchiques.

 

Deux chiens de même sexe ne peuvent occuper une place équivalente dans la hiérarchie. L’un sera plus dominant que l’autre. Si ce n’est pas le cas, il y a conflit dont l’issue permettra de savoir qui est le plus dominant des deux (agression hiérarchique).

 

La hiérarchisation

Elle se déroule en deux temps (cf. § le développement) :

  • la hiérarchisation alimentaire vers l’âge de 4-5 semaines,

  • l’insertion dans la hiérarchie à la puberté pour les mâles et à l’âge des deuxièmes chaleurs pour les femelles.

 

Les prérogatives des dominants

Le dominant (ou la dominante) est prioritaire pour l’accès aux ressources (nourriture, partenaire sexuel).

Dans un groupe de chiens

En pratique, dans un groupe de chiens, cela signifie que :

  • Le dominant mange en priorité, lentement et en public. En revanche, un dominé ne mange que si le dominant le lui permet, dans un endroit retiré et vite. Ainsi il a moins de risque d’être dérangé par le dominant et donc a plus de chance de manger en paix.

  • Le dominant s’installe dans les endroits de contrôle, c’est-à-dire dans les endroits en hauteur d’où il peut voir ce qui se passe sur le territoire et dans les passages où il peut intervenir physiquement pour contrôler un de ses pairs. Ces places stratégiques sont appelées couramment des endroits de dominance.

  • Le dominant initie le contact. Il intervient dans les interactions entre les individus : si deux chiens jouent ou se battent, il s’en mêle.

  • Seuls les dominants ont le droit de se reproduire. Quand un jeune mâle arrive à la puberté, il peut y avoir compétition hiérarchique entre le jeun et le mâle dominant pour avoir accès à la femelle dominante en chaleur. Si le jeune mâle gagne, il deviendra le dominant du groupe, l’ancien dominant se retirera. Pour les femelles, il en va de même. Lors des chaleurs (les femelles sont généralement en chaleur en même temps, elles sont synchronisées), des conflits hiérarchiques violents peuvent éclater entre une femelle dominante et une jeune femelle « ambitieuse ».

En famille

En pratique, les humains, plus précisément les adultes, doivent occuper les places des dominants. Le couple de maîtres (l’homme et la femme) agit logiquement comme le couple alpha de la meute. Les autres adultes de la famille (ou les enfants pubères) occupent les places des mâles et femelles béta. Le ou les chiens sont en bas de l’échelle hiérarchique. Les enfants (impubères) ne sont pas inclus dans la hiérarchie. Ils sont considérés comme des jeunes. Le chien est d’autant plus doux et tolérant que l’enfant est jeune. Progressivement, quand l’enfant atteint l’âge de la puberté, le chien sera moins indulgent, il peut même s’il est installé à une place trop élevée dans la hiérarchie, « remettre » à sa place le jeune humain. Les parents ont alors un rôle primordial : ils doivent « remettre » le chien à sa place (de dominé) et privilégier leur adolescent(e) en présence du chien.

 

Dans le quotidien, cela signifie qu’il est préférable que :

  • le chien mange après ses maîtres, dans un endroit calme et retiré où on ne le dérangera pas. Après une dizaine de minutes, les maîtres retirent la gamelle finie ou non pour signifier au chien qu’il ne peut manger quand il le veut. Le chien peut assister au repas de ses maîtres mais ceux-ci ne doivent pas lui donner à manger pendant leur repas, surtout si le chien réclame. En effet, si les maîtres donnent à leur chien quand celui-ci le demande, c’est comme s’ils obéissaient à leur chien… En revanche, il est possible de donner des rebus de table à la fin du repas que l’on déposera de préférence dans la gamelle du chien.

  • Il est recommandé d’installer une couche à son chien dans un endroit peu passant, dans le coin d’une pièce de vie par exemple. Il convient d’éviter les endroits de passage (stratégiques) comme un couloir, un hall d’entrée ou le perron d’une maison (entrée principale de la maison, de surcroît en hauteur !). Cette couche doit représenter pour le chien un endroit de repos, un refuge, donc aussi un endroit de soumission. Cela signifie que si le chien vas à sa place quand on le réprimande, il montre ainsi qu’il se soumet. Le maître doit alors arrêter de menacer son chien, sinon le chien se sentira agresser injustement (il s’est soumis) et pourra agresser en retour. Les maîtres doivent respecter le lieu de couchage de leur chien. Il serait même possible de dire qu’il est acceptable qu’un chien grogne dans son panier si on l’y embête.
    Si le chien est couché de telle sorte qu’on doive l’enjamber pour circuler d’une pièce à l’autre, cela signifie qu’il est installé dans un endroit stratégique. Il convient alors de le faire se déplacer et de l’envoyer se coucher à une place moins gênante, à sa place de préférence.

  • Les maîtres doivent être le plus souvent à l’origine des contacts : c’est eux qui doivent appeler leur chien pour le caresser ou pour jouer avec lui, et cela aussi souvent qu’ils le souhaitent. Il est conseillé de ne pas répondre quand le chien demande, de le faire attendre pour reprendre ensuite l’initiative du contact. En tout cas, il ne faut pas accepter de donner une caresse ou de lancer un jeu si le chien le demande de façon impérieuse, c’est-à-dire en aboyant, en grognant, en grattant le bras avec sa patte ou en mordillant la manche ou le bas de pantalon. Les maîtres doivent se faire respecter et ne pas de laisser traiter de la sorte. Évidemment, cette notion de respect est réciproque : les maîtres doivent aussi respecter leur chien et ne pas lui imposer des caresses trop longues ou trop contraignantes.
    Cela signifie qu’il ne faut pas que le maître se fâche si son chien ne vient pas chercher une caresse quand il l’appelle ou ne veut pas jouer quand il le sollicite. Le chien a le droit de ne pas toujours avoir envie de jouer ou d’être caressé.
    Il n’est pas acceptable de se laisser chevaucher par son chien. Il faut systématiquement le repousser.

 

 

 

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